– « Pape-out ! » 19 au 21/09/96

Affiche A3 photocopiée (Cédric Grouhan)

Avec : Maramiaou, Chaotik Noodles, Mertz, Jean-Yves Pineau Band, Negative Creep, Lo’Jo, Mysterious Asthmatic Avenger, Doc Pilot…

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Organisation : Radio Béton

« Suicide – Mode d’emploi »

À la suite du suicide de son fils un père de famille réclame l'interdiction d'un livre

Le 18 juillet dernier, un jeune homme de 27 ans, Patrick Bondy, célibataire, mettait fin à ses jours.
Ancien délégué syndical aux « Dames de France» à Tours, il avait été licencié en octobre dernier.
Une perte d'emploi qu’il supportait difficilement. « Mais il aurait pu sortir de son état dépressif, c'était une question de temps" estime cependant son père, M. Marcel Bondy, demeurant à Veigné, qui accuse aujourd'hui un livre paru aux éditions Moreau d’être à l’origine de la mort de son fils.
Ce livre controversé, intitulé « Suicide - Mode d’emploi », donne en effet différentes recettes pour mettre fin à ses jours. L'ouvrage a été retrouvé sur la table de chevet de Patrick Bondy, ouvert à une page qui décrivait l'effet fatal d’un médicament que le jeune homme s’est procuré en s'adressant à plusieurs médecins différents et qu’il a absorbé.
« L'auteur peut être fier de lui, La preuve est faite que sa méthode est efficace », s’indigne M. Marcel Bondy qui, maîtrisant sa douleur, veut «éviter à d’autres familles de connaître le même malheur. J'espère que cette information réveillera la conscience du public et nous pourrons ensemble obtenir l'interdiction et le retrait de la vente de cette horreur », poursuit-il. Tout en dénonçant « le cynisme, l’inconscience, l’activité commerciale morbide des auteurs du livre », M. Marcel Bondy récuse la possibilité de publier ce genre d'ouvrage, disant : « Il y a des limites à ne pas dépasser sous peine de bafouer cette liberté qui est un principe fondamental de notre société française».
M. Bondy s’est adressé à l’ordre des médecins d’Indre-et-Loire pour l’informer de ce fait divers dramatique. « Sa lettre sera présentée à l’ordre
du jour de La réunion du conseil du 15 septembre prochain », indique le Dr de Lafond, président départemental du conseil de l’ordre, qui a prévenu les instances nationales. « Il n’y a qu’à cet échelon que l’on puisse faire quelque chose », dit-il, en estimant à titre personnel « qu’il est regrettable qu’un tel livre, qui donne recettes de suicide, soit publié et
puisse être mis entre toutes les mains ».
Un médecin du S.A.M.U. rappelle en outre que le suicide est souvent un appel au secours et qu’à moins d’un terrain pathologique particulier, ceux qui s’en sortent ont toutes les chances de retrouver leur équilibre.
Le livre se vend très bien, nous ont confirmé plusieurs librairies de Tours qui ont même connu des difficultés d’approvisionnement : « Rupture de stock ou interruption due à la menace de retirer le livre de la vente.
La plupart des acheteurs ont la cinquantaine d'années », précisent-ils. À
«Terre des Hommes », on souligne cependant plusieurs coups de téléphone pour protester contre la mise en vente de cet ouvrage. Quant à un libraire, il se demandera désabusé si « c'est le scandale qui fait les bestsellers de l’été » songeant aux tirages du « Nostradamus » de Fontbrune l'an dernier à la même époque.
Nouvelle République P.L. B.

« Procès des 21 antimilitaristes » – 16/01/82

Tours (37)

JUSTICE
Vingt et un inculpés antimilitaristes en procès aujourd’hui
On nous communique : « Le 11 novembre 1980, 16 antimilitaristes manifestèrent leur hostilité à la présence de l’armée lors de la commémoration de l’armistice, en appelant à une lutte globale antimilitariste. Le 10 janvier 1981, 5 antimilitaristes investissent le consulat des Pays-Bas pour attirer l’opinion tourangelle sur le sort des objecteurs de conscience OP 20 (objection collective). Ces 21 inculpés appellent les réfractaires à l’armée, les pacifistes et les défenseurs des libertés et des droits de l’homme, à manifester leur soutien, lors de leur procès, aujourd’hui jeudi 14 janvier 1982 au Palais de justice de Tours, à 16 h.

Nouvelle république du 14/01/1982

23/04/81 – « La manifestation des renvoyeurs de livrets militaires s’est achevée au commissariat »

Rue de Bordeaux, la police à chargé. Un manifestant a été légèrement blessé et transporté à Trousseau

VIE DE LA CITÉ
La manifestation des renvoyeurs de livrets militaires s’est achevée au commissariat
La manifestation des renvoyeurs de papiers militaires, qui avaient choisi la journée d’hier pour témoigner leur opposition « à toute collaboration avec une défense armée, tant active que de réserve », s’est achevée plus mal qu’elle n’avait commencée : alors que les jeunes gens et un petit peu de sympathisants avaient gagné la place Jean-Jaurès pour y distribuer leurs tracts, la police a sans ménagements selon les témoignages des manifestants eux-mêmes, chargé ces derniers et en a embarqué une trentaine au commissariat. Immédiatement, les amis des personnes interpellées se sont rendus rue de Clocheville : ils ont trouvé les grilles gardées par quelques agents de police.
Auparavant, on s’était retrouvé au pied de la cathédrale, vers 16 h 30, à une trentaine, déjà prévenus que le parcours projeté par les renvoyeurs de livrets ne pourrait s’effectuer normalement : dans la matinée, le préfet avait fait savoir en effet que la manifestation était interdite. Sur place, les forces de l’ordre présentes étaient de nature à dissuader les jeunes gens de braver la décision venue d’en haut. Le bloc de cire dans lequel les manifestants avaient coulé leurs papiers militaires fut saisi par la police.
Les 13 renvoyeurs de livrets, dont certains se trouvaient parmi les personnes interpellées (toutes celles-ci ont été relâchées vers 19 h, après audition) attendent donc maintenant la suite des événements. Comme le rappelait hier l’un d’entre eux, ils tomberont sous le coup de la loi à partir du moment où, une fois les papiers militaires renvoyés à leur propriétaire, celui-ci les renverra une deuxième fois, notifiant ainsi son refus manifeste. C’est pour un tel délit que sera jugé à Tours, le 18 juin prochain en principe, un jeune tourangeau, Jean-Paul Giret.

NOTRE PHOTO : rue de Bordeaux, la police à chargé. Un manifestant a été légèrement blessé et transporté à Trousseau.

La Nouvelle République du 24/04/1981