13/10/77 – Métal Urbain

Jeudi 13 octobre 1977

Le Gibus, 18 rue du Faubourg-du-Temple à Paris (75)

Catherine Tardew de Match me téléphone. Elle veut des renseignements pour faire un article sur les punks. Comme je me suis disputé avec Yves aujourd’hui, j’ai l’intention de passer tout de même une bonne soirée. On se retrouve à la Coupole. I1 y a Fury qui parle de son magasin, « Survival », et un photographe. Après la Coupole, on passe chez moi pour écouter la maquette de l’album des Stinky Toys. Puis au Gibus pour voir Métal Urbain. Catherine Tardew prend des notes. On va ensuite à une party costumée où il y a beaucoup d’Américains. Les costumes sont extraordinairement réussis : un diable tout vert, une bonne sœur, un punk. C’est l’heure de la Main Bleue, où on rencontre Joël qui nous branche sur une party a Neuilly. Retaxi. Il y a beaucoup de punks : Titus, Blaise et des tas d’autres gens. Il est huit heures du matin. Les gens de Match décident de partir, ils ont assez de renseignements. Joël me raccompagne en moto.

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »

23/09/77 – Warm Gun et Larry Martin

Archive : ROUEN : L’EXPLOSION ROCK

Vendredi 23 septembre 1977

+ Club St Pierre à Rouen (76)

WARM GUN A ROUEN
Le club des St Pères est un endroit fort prisé des freaks de Rouen : situé en fait à une vingtaine de km de la ville, en pleine campagne, elle a toute l’allure d’une grange. N’allez pas croire pour autant que les «bourrées» y prédominent : ici on danse aux disques des Pistols, Stones, Stooges, etc… Ce fut donc un régal pour nous de sortir du «Paris-Maquis» quotidien pour découvrir un endroit où les kids s’éclatent, sans craindre de se faire défoncer le crâne dans un hypothétique arsenal/chambre des tortures. Ici, ils en veulent et vont jusqu’à faire cette vingtaine de km à pied tous les week ends pour avoir leur ration de rock nécessaire. Ce soir là, Warm Gun tenait la scène et nous a donné un excellent concert à mi-chemin entre la New Wave et le hard-rock. Les morceaux ont un rythme assez lent, «auto-contrôlé» : on ressent l’impression d’une énergie prête à éclater à tout moment mais que le groupe canalise, en la distillant à petites doses.
Cette démarche n’est pas sans rappeler des groupes américains comme Talkin Heads ou the Void-Oids. En ce sens, Warm Gun est l’un des très (trop) rares groupes français, avec Marie et les Garçons et Asphalt Jungle à chercher «autre chose» à essayer de se démarquer totalement de nos vulgaires imitations punks`(starshooter) et de nos lourds hard-rockers (Boogaloo Band, Magnum). De plus, et c’est loin d’être négligeable, les membres du groupe sont d’excellents musiciens, d’où un potentiel électrique EFFICACE et une cohésion d’ensemble remarquable. Je regrette cependant certains maquillages de scène artificiels et vulgaires en complète contradiction avec toute image que peut susciter leur musique.
Après le set de Warm Gun, Larry Martin, quelques membres de son Factory et de Bulldozer (vu récemment au Gibus et dont un LP sort très prochainement) ont fait une jam insensée. Larry musicien FANTASTIQUE dont
on regrette la rareté de ses concerts nous a donné là une grande leçon d’humilité en jouant des classiques de R’n’Roll et du R’n’B (dont «you can’t control me) en jouant pour 20 personnes (dont 17 anéanties par le whisky-coca). Pourquoi n’assiste-t-on jamais à Paris entre les punks et les hard-rockers qui traînent leur ennui entre la rue du faubourg du Temple et la rue Drouot sans oser aborder la scène ?
Pour en revenir à Warm Gun, donc, un album est prévu pour bientôt. Le groupe par ailleurs a quitté définitivement Isadora et si leur galette prochaine de vinyl est du niveau de ce concert…
AAARGH !

Robert Schlock (Rock’n’roll Musique)

01/07/77 – Guilty Razors et Métal Urbain

Vendredi 1er juillet 1977

Le Bus Palladium au 6 Rue Pierre Fontaine à Paris (75009)

Concert de Métal Urbain au Bus Palladium. En première partie, Guilty Razors, un groupe français dont le chanteur imite Iggy Pop. Puis c’est Metal. Ricky Darling est parti, il a été remplacé par les deux frères Boulanger qui s’en tirent pas mal.

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »

30/06/77 – Stinky Toys

Jeudi 30 juin 1977

Mariage de Loulou de la Falaise l’île des Lilas au Bois de Boulogne (75016)

Jeudi 30 : le mois se termine « en beauté par la fête pour le mariage de Loulou de la Falaise et de Thadée Klossowski. La tenue de soirée est exigée, d’où la chasse aux smokings pour les garçons et aux robes longues pour les filles. Loulou a une tiare représentant un croissant de lune incrusté de pierres du Rhin et une robe mauve. Il y a Marina Schiano, Paloma Picasso, Bianca Jagger, accompagnée de Joël Le Bon, la princesse Minnie de Beauvau-Craon, Yves Adrien, Tan Giudicelli, Yves Saint-Laurent, Kenzo. Pour arriver sur l’île des Lilas au bois de Boulogne, il faut emprunter un canot à moteur débordant de fleurs. Les Stinky Toys donnent un concert très haut en couleurs. Ils ont bu pas mal de champagne mais ils n’en jouent que mieux. I1 y a Nico qui parle à Ewa Rudling, Philippe Garrel, Edwige en robe longue noire lui découvrant le dos, Fury et Aphrodisia, Isabelle Goldsmith, Karl Lagerfeld, etc. Tout le monde danse jusqu’à 5 heures du matin. On sert du café et les taxis attendent pour regagner Paris. Comme chaque matin, le soleil luit, comme chaque matin, i1 faut se coucher. Quelle agréable soirée !

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »
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26/06/77 – Punk party

Punk party – Dimanche 26 juin 1977 – Avec : Asphalt Jungle

Chez Martine à Paris (75011)

Martine organise une fête dans son grand appartement. Il y a beaucoup de monde : Titus en SS, Blaise en béret, deux punks venus de Londres en costume de chez « Sex », Gary et Bob, Nathalie, Paquitta, Adeline, Marc et les musiciens d’Asphalt Jungle qui vers 2 heures du matin sortent leurs instruments pour jouer. La police survient et embarque tout le monde au poste pour vérification d’identité, mais c’est tout de même assez drôle de se retrouver à vingt chez les flics.

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »

07/06/77 – Asphalt Jungle

Mardi 7 juin 1977

Le Gibus, 18 rue du Faubourg-du-Temple à Paris (75011)

Plus tard, il doit y avoir Johnny Thunder et les Heartbreakers au Gibus, mais le concert est annulé. A la place Asphalt Jungle. Tout le monde est habillé en punk et Façade fait des photos devant la porte du Gibus. Épingles à nourrice, t-shirts déchirés, vinyl noir, pantalon de cuir, blouson noirs pullulent. L’été punk commence. (« Un jeune homme chic » de Alain Pacadis)

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »

03/06/77 – Métal Urbain

Vendredi 3 juin 1977

Théâtre le Palace au 8 rue du faubourg Montmartre à Paris (75009)

Concert de Métal Urbain au Palace. C’est un peu comme sur leur disque, avec Panik, Lady Coca-Cola, No Fun, Anarchy en France. Ce soir tous les spectateurs sont punks ; il y en a plein de nouveaux que je ne connais pas.

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »

25/05/77 – Lou’s

Mercredi 25 mai 1977

Théâtre Campagne Première, 19 rue Campagne Première à Paris (75014)

Concert des Lou’s au théâtre Campagne Première. C’est le premier groupe de rock entièrement féminin. « On est des loubardes qui jouons du rock », déclare Raphaëlle, la guitariste du groupe. Leur musique fait moins penser aux Pistols qu’aux Rods. Elles alternent des boogies avec des vieux rock’n roll. I1 y a Sacha à la batterie, Raphaëlle Devins à la guitare rythmique, Pamela Popo lead guitar et chant, et Tolim Toto à la basse. C’est un groupe que toutes les filles devraient soutenir, si elles veulent défendre l’idée que le rock n’est pas uniquement une affaire de mecs. Leurs morceaux sont le reflet de leur vie de tous les jours : Born to fornicate ou Sweet juice box, une chanson sur un travesti.

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »

14/05/77 – Kalfon Rock Chaud

Samedi 14 mai 1977

Le Gibus, 18 rue du Faubourg-du-Temple à Paris (75011)

ce soir, au Gibus, c’est au tour de Kalfon Roc Chaud de faire swinguer les gosses. Il commence avec Feelin and rockin puis Around and Around et plein de classiques du rock. (« Un jeune homme chic » de Alain Pacadis)

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »

12/05/77 – Stinky Toys

Jeudi 12 mai 1977

Théâtre Montparnasse au 31 rue de la Gaîté à Paris (75014)

25 frs

Les Stinky Toys au Théâtre Montparnasse. Leur premier 45 tours vient de sortir chez Polydor : Driver Blues et Boozy Creed. « Moi, je connais plusieurs trucs qui peuvent nous rendre heureux. Donnez-nous beaucoup de bière et laissez-nous jouer très fort… » Au concert, il y a tout le monde : Djemila, Marie-Hélène, François, Philippe, Paquitta, Yves, ainsi que les punks. Le passage sur scène des Toys, c’est mieux que Richard Burton et Elizabeth Taylor réunis. Albin est le bassiste le plus nietzschéen de la new wave. Jacno est Jacno comme Eno est Eno. Bruno, c’est la mission Apollo comme le logo des Toys est une fusée glacée. Hervé joue de la batterie et Elli chante comme d’habitude. Jacno, Graucho, Eno, Logo, Bruno, Dario Moreno, Gloria Lasso, la new wave est un concept très chaud, un concept trasho. Et Elli se contorsionne en buvant de la bière au bar a coté du théâtre. Après le concert, Philippe Morillon nous invite a une party qui n’a pas lieu. A sa place, nous allons au Gibus ou nous buvons encore. Et Patrick me parle du punk. Ce soir et demain, Cherry Vanilla jouera au Gibus. En première partie, Police, le groupe de Stuart Coppeland qui sort cette semaine un 45 tours : Nothing achieving et Fall Out. Je suis assis ta une table entre Patrick et Zecca, le pianiste brazilo-new-yorkais de Cherry Vanilla. Nous fixons une interview pour le lendemain.

Alain Pacadis « Un jeune homme chic »
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