Article Libération

Libération

Les Thugs, derniers watts

Par Alexis Bernier

Ultimes scènes avant dissolution du groupe «indé» angevin.

Le 18 décembre 1999, Les Thugs donnent leur ultime concert à La Roche-sur-Yon. Une épitaphe bien lapidaire pour un groupe qui existe depuis seize ans et a enregistré huit albums, dont le dernier Tout doit disparaître. Reste que la fin de cet attachant groupe de rock français ne laisse pas indifférent. «A chaque concert, on vient nous dire spontanément des choses très gentilles. On réalise finalement qu’on a eu une certaine importance pour pas mal de monde. Je crois que la sincérité du groupe a toujours touché.» Nulle trace de nostalgie dans la voix d’Eric, l’aîné des trois frères Sourice qui composent le groupe avec le guitariste Thierry Méanard. «Ni enterrement en fanfare, ni commémoration, on ne veut rien faire de spécial.» Même pas une fête quand ils passeront à Angers, leur ville natale.
«Faire autre chose». On veut bien admettre qu’il «arrive des choses bien plus graves dans la vie que la fin d’un groupe», même quand c’est le mur de guitares le plus intense jamais entendu de ce côté-ci du tunnel sous la Manche qui débranche. La décision a été prise en février, quand Christophe, le batteur, a annoncé qu’il voulait faire de la musique de son côté. «On s’est demandé si on allait quand même enregistrer l’album, mais les morceaux étaient prêts. Ensuite, on s’est posé la question de partir en tournée, mais étant encore tout à fait capables de se supporter, on a décidé de jouer les nouveaux titres sur scène, comme d’ordinaire. Franchement, on s’amuse toujours.» Alors, s’arrêter, c’est aussi une façon de se forcer à «faire autre chose», quitte à ne pas savoir encore vraiment quoi, à l’heure de toutes les charnières: quarantaine, an 2000″ et mauvaise santé du rock indé.
Punk, alternatif ou indé ? L’histoire des Thugs se confond avec celle du rock à guitares saturées qui a occupé les années 80 et une bonne partie des années 90. En tout cas, même si c’est un cliché, jusqu’au suicide de Kurt Cobain. Les Thugs ont toujours été à la fois en plein dedans et un peu en marge. Au milieu des années 80, quand ils sortent leur premier album sur Closer, l’un des innombrables petits labels de l’époque, la scène française est en effervescence. Il y a des concerts tous les soirs dans des lieux invraisemblables (l’usine Pali-Kao), avec des groupes invraisemblables (Lucrate Milk, Warum Joe, Ludwig von 88) sur des labels invraisemblables (Gougnaf, Visa et, évidemment, Bondage). Mais si Bérurier Noir ou les Satellites font les clowns, Les Thugs, eux, s’inscrivent dans une tradition plus austère.
Groupe engagé sans pour autant être encarté, il reste toujours fidèle à une sorte de pessimisme combatif que traduisent parfaitement les pochettes en noir et blanc de leurs albums. As Happy As Possible disait l’un de leurs disques. «A cette période, les gens qui aimaient le rock’n’roll nous trouvaient trop punk et ceux qui aimaient l’alternatif auraient préféré qu’on chante en français. On était en décalage.» La scène alternative française connaît la même sorte d’échauffement qu’aujourd’hui la scène électronique. Enfin, presque, car aucun de ces groupes ne réussit à vendre un disque à l’étranger. Sauf Les Thugs qui, sans attendre la French touch, signent sur des labels anglais, comme Vinyl Solution, ou américain comme Alternative Tentacles. Dès lors, il ne s’écrit pas un article sans qu’on raconte qu’ils sont plus célèbres à l’étranger qu’en France. «Ce qui était évidemment faux, même si on était le seul groupe qui tournait et dont les disques sortaient aux Etats-Unis. Quand on demandait aux Américains ce qu’ils connaissaient de la France, c’était Plastic Bertrand, et encore.» (Power) pop. En signant en 1988 sur Sub Pop, alors que le premier Nirvana n’est pas encore sorti, ils se voient cependant affiliés à la scène grunge. Nouveau malentendu: «Ils avaient les cheveux longs et nous, courts.» Les Angevins ont beau adorer Tad, Mudhoney et consorts, avec qui ils jouent là-bas, ils n’appartiennent pas exactement à la même école. Plutôt Hüsker Dü et Buzzcocks que Neil Young et rythmiques plombées. Sous une pluie de guitares hardcore, Les Thugs sont finalement un groupe (power) pop, ayant survécu à tous les courants pour n’avoir jamais vraiment fait partie d’aucun.
Naturellement, quand l’affaire grunge s’est tassée, ils ont continué. Se risquant finalement à chanter (un peu) en français et à signer sur une multinationale (Virgin). «Sur la scène rock, il n’y a pratiquement plus de labels indépendants. Quant aux salles de concert, il existe aujourd’hui un réseau structuré, mais elles se ressemblent toutes. Le petit business rock subventionné tourne bien, mais ronronne.» De fait, l’effervescence des années 80, il faut la chercher ailleurs aujourd’hui. «Depuis le début des années 90, il y a un véritable éclatement de l’offre. Les gamins préfèrent écouter du rap, de la techno ou de la world, plutôt que ce qu’ils considèrent parfois comme la musique de leurs parents.» Qu’ils soient devenus un peu anachroniques ces derniers temps n’a cependant pas empêché Les Thugs de demeurer un très bon groupe.
Alexis Bernier «Tout doit disparaître», CD Labels.
Concert le 9 décembre à l’Elysée-Montmartre, 19 h 30 (01 55 07 06 00).
Première partie: Seven Hate.99 francs en location.
Tournée française: Angers (Chabada) le 10 décembre, Le Havre (Agora) le 11, Nantes (Olympic), La Roche-sur-Yon (Fuzz’Yon) le 18.

Changement de Line Up

Fin 1997, après sept ans de longs et boyaux services (?!), Thierry Holweck, à bout, ruiné et épuisé par des nuits sans sommeil auprès d’une section rythmique composée de ronfleurs invétérés, jette l’éponge. Gilles Garrigos, ex-terroriste de Haine Brigade, prend le relais pour deux dernières années qui ajouteront à la gloire des Garlic moultes compilations et split-singles supplémentaires, plusieurs concerts et premières parties (Chokebore, Dyonisos, Hard-Ons)

Disparition de Jeffrey Lee Pierce

25-Mar-96
US UT,Salt Lake City,Jeff’s father’s house,Jeffrey Lee Pierce is found unconcious and rushed to hospital where he remains in a coma until he dies on 31-Mar-96 from a brain haemorrhage/stroke. Incidentally this date was the deadline he had been given by Henry Rollins’ publishing company (2.13.61) for finishing his « Go Tell The Mountain » book.

Jeffrey Lee Pierce est de retour au USA

Jeffrey tries to get back in shape. He and Mike Martt rehearse at Jeff’s mom’s house. Jeff jams one or two times with an all star band on Sunday (or Wednesday) nights @ the Viper Room (with Steve Jones [Sex Pistols], Clem Burke [Blondie], Norwood [Fishbone], Keith Morris [Circle Jerks] and Mike Martt [Tex & the Horseheads]). Jeff is also one of the driving forces behind the Monday night « Mr Moo’s Wild Ride » acting series. At the same time he gets involved with the Death Row Records people, having an idea to merge punk rock with rap music. At the same time Jeff is working on his autobiography (« Go Tell The Mountain ») for Henry Rollins’ 2.13.61 publishing company.

Jeffrey lee Pierce Reside à Osaka

Jeffrey resides in Osaka,Japan doing radio shows and even guesting live on stage with a band called The Evil Hoodoo. Misadventure starts when he’s mugged and robbed (from his passport, luggage and guitar). He ends up in hospital on the moment the Kobe earthquake happened. After some time he manages to leave Japan, goes to pick up his stuff in London and moves back to Los Angeles (his mother’s house/close to the Viper Room).