Graffiti Production

Blois (41) // Avril 1984 – // Organisateur de concerts

Association loi 1901 fondé par Philippe Cosson, Christine Combernous, James Rabier et Christian Miakowski, Philippe Haupais, Patrick Bussy. Par la suite, Marie-Jo, Eric... 

LES FICHES ROCK DE DOC. BONNIN
12. – Y a-t-il un organisateur dans la salle ?
Oui, « Graffiti »…

La douzième étape de ce Tour du Loir-et-Cher du décibel surchoix propose un coup de projecteur sur les gens de l’ombre et les porteurs d’eau, en l’occurrence, vous m’avez compris, les organisateurs de concerts. Les Blésois de « Graffiti » auront les premiers la parole, en attendant la confession de leurs petits camarades de la « F.R.J.A. » et de « Ripost ». On voit à peine les sigles de leurs associations en maigre sur les affiches : n’empêche que sans eux, rien ne serait possible ! :
Plus que 48 heures avant le passage des « Calamités » (invitées par « Graffiti »), le groupe dijonnais qui vient de faire une apparition minutée au Printemps de Bourges. Dans le contexte particulier de la salle Dupré, où le public affectionne le millésimé, la mayonnaise risque de prendre en un clin d’œil… Allez les filles ! En première partie, « Le club des cinq » a préparé paraît-il quelques morceaux du cru « Sixties » destinés à assurer en fin de parcours une judicieuse transition.
Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, on murmure la venue dans nos murs (en mai) de Paul Personne (non, non, il ne jouait pas dans « J’ai épousé une ombre »…), le chaleureux bluesman français qui, récemment à Orléans, a fait un « tabac » au « Zig-Zag » ; sa morale : « Faut qu’ça roule ! »…
Fondée sous les principes d’une « 1901 », il y a seulement un an, l’association « Graffiti »
a déjà à son actif une bonne dizaine de soirées, et a présenté au public blésois plus de vingt groupes pour presque autant d’étiquettes différentes. « Pendant un temps, nous nous sommes vraiment trop ennuyés à Blois, précise James Rabier, président de « Graffiti », c’est pourquoi il nous est apparu nécessaire de mettre en place des structures afin de divertir les jeunes. Nous aimions le rock, alors nous nous sommes lancés à fond dedans.
James, le féru de hard-rock à la logorrhée déjà légendaire, est aidé dans sa tâche par
toute une équipe, dont Christian Miakowski, Philippe Cosson, Christine Combernous,
Philippe Haupais ou Patrick Bussy sont les figures les plus connues.
Osons l’écrire, un concert signé « Graffiti » est un gage de qualité. « D’abord, précise Patrick, parce que nous veillons au confort de l’écoute : la scène de Dupré est augmentée en surface par l’avant, le son ne se perdant pas inutilement dans
les cintres. » Et puis, par égard aux artistes, il y a ces fameux repas d’avant-concert avec copieuses assiettes anglaises, ces bonbons et caramels distribués
gratuitement à l’entrée ou tombent en pluie en pleine séance, ou enfin une carte de bières de luxe des plus réjouissantes…
Sur un plan financier, « Graffiti » doit jongler comme les autres au plus juste avec les recettes et les dépenses. L’important est de retomber sur ses pieds après chaque
concert, c’est-à-dire à zéro… Et payantes, l’on est loin du compte.
Car il faut louer la salle, une sono, le matériel supplémentaire destiné à allonger la
scène, payer la S.A.C.E.M., les artistes, rembourser les déplacements, faire imprimer des affiches et des tracts, garnir le bar et le buffet. Y pensez-vous, au moment de payer votre ticket d’entrée ? J’ai presque honte de mon « exo », tiens…
Musicalement parlant, « Graffiti – essaie dans la mesure du possible de proposer
un groupe du cru en première partie, et une tête d’affiche à portée régionale ou nationale en seconde.
Jusqu’ici, la programmation a été variée (rockabilly, pubrock, pubrock, punk, hard, pop, etc.) et s’est même ouvert des horizons co-production au palais des fêtes de Vendôme), « Graffiti » attend avec impatience le résultat du concert des « Calamités » pour décider d’une direction à prendre en ce qui concerne la programmation.
Quoi qu’il en soit, rien n’arrêtera la foi de l’association.
« Tout est possible lorsqu’on le désire vraiment », nous a dit James au terme de la consultation. « Graffiti » l’a superbement illustré l’été dernier en descendant à cinq la Loire de Blois à Mer dans une guitare géante (exposée depuis dans un couloir de « R.V.L. ») montée pour l’occasion sur flotteurs… Ils comptent rééditer l’exploit cette année, mais « damned », ils n’ont pas voulu me dévoiler le modèle 85. Barquette surprise !
Doc. BONNIN (Nouvelles République)