– « Euro-Rock 85 » – 27/07/85

Affiche imprimée (60/80)

Avec : Les Flics, Tétines Noires, Kommandantour, Play Dead, Roger le Diable, Roger-Roger, D.S.T. Damned (UK), Rubella Ballet, La Souris Déglinguée, Washington Dead Cats, Bérurier Noir, les Trotskids et Peter and the Test Tubes Babies (annulé)

Portbail (50)

110 frs

« QUAND L’EUROPE S’EVEILLERA » telle était le message de ce festival. Le moins qu’on puisse dire,c’est qu’avec des festivals comme ça l’Europe risque de dormir encore longtemps…..
Ça se passait à Portbail (vous connaissez?), à 50 Kms de Cherbourg. Mais malheureusement dans un endroit difficile d’accès; la France profonde, quoi!
On attendait beaucoup de monde et finalement 2000 personnes au maximum étaient présentes.
Quant aux exhibitions, peintures, coiffeurs etc… annoncés sur le programme, ils étaient plutôt discrets, voire absents! Seul un (petit) stand de fanzines et le tatoueur eurent du succès.
Coté concerts pour faire bonne figure, on commença en retard, et malheureusement cela allait modifier la suite des événements…
mais revenons aux concerts…


Ce fut d’abord une série de « petits » groupes. Certains (très) chiants, d’autres moins, avec notamment DST de Dijon (intéressants même) qui nous gratifièrent entre autres d’une bonne reprise de « Big women » (GBH).
Mais on commençait à s’ennuyer ferme d’autant plus qu’une de pluie commença à tomber (Normandie oblige!). Tout ça jusqu’à 22h environ, où les choses sérieuses allaient commencer.
Les DAMNED ouvrirent le feu après une attente interminable (stars oblige!). Ce fut le grand show; intros à rallonge, maquillage de Dave Vanian, lumières…mais rien de très convainquant.
Il y eu en fait 2 concerts; la cuvée 77 et le reste. « Neat neat neat », « New rose », « Love song », « Born to kill » etc… déclenchèrent des pogos alors que les nouveaux morceaux récurent un échos moins favorable. Ils finirent néanmoins en beauté avec « Prettv vacant » (Rat Scrahies passant à la guitare pour l’occasion). M’enfîn 1977 est décidément bien loin!
RUBELLA BALLET enchaînèrent, je crois, mais on était pas là!
Ce fut ensuite le tour de La SOURIS DEGLINGUEE. Alors, là ça nous a réveille!
Un set dépouillé, sans fioritures mais bigrement efficace. Il y avait de l’authenticité dans l’air (après DAMNED ça faisait du bien!). Ils ont acquis une maturité qui fait d’eux un « grand » groupe.
Auparavant, je n’étais pas un inconditionnel, ils m’ont plus que convaincu. Ce fut assurément les meilleurs ce soir là (et heureusement qu’ils furent là).
WASHINGTON DEAD CATS prirent la suite, mais passer après LSD les desservi un peu. Leur style de musique particulier ne fut apprécie que par les « fidèles ». Néanmoins, Mathias, le chanteur, vaut le déplacement…. quand il commence à chanter ses chansons de carottes géantes qui envahissent la Terre, on s’v croirait!
Et il pleuvait toujours…. de plus le retard pris sur l’horaire augmentait. Dans les backstages c’était la pagaille, et il se préparait un épilogue tragi-comique qui allait nous priver du concert de PETER & TTB.
Les BERUS jouèrent alors,devant une audience que l’heure tardive (3-4H) avait rétrécie. Ce fut néanmoins un bon concert, à la Béru: c’est à dire ‘tout le monde sur le pont’. La grande fête,quoi!
Et ensuite me direz-vous (comment Ça,non!?); et bien ce fut la pagaille, on n’y comprenait plus rien…. Les TROTSKIDS jouraient-ils malgré le retard et des embrouilles de fric avec les organisateurs (encore!), et
puis PETER? On attendait et la décision tardait à venir.
Finalement vers 5-6H les TROTSKIDS montèrent sur scène pour un concert tragi-comique.
Désabuses, énerves, fatigués: ils ne donnèrent pas le meilleurs d’eux-même Ce fut quand même super (hon,y’a du parti pris…salut les Penilex!), avec un Doumé délirant bien avec le maigre public présent. Il valait mieux en rire qu’en pleurer…..mais le cœur n’y était plus. Ambiance malsaine et ambigus… il y avait de 1’orage dans 1’air (alors ça c’est pas marrant, vu le temps qu’il a fait!). Finalement le public
clairsemé, les veux collés par la fatigue,ne dut rien comprendre quand Oliv éclata sa guitare sur scène (le contingent TROTSKIDS non plus).
S’en était fini de ce festival.Triste fin pathétique.PETER ne jouerait pas.
Il était environ 6H, les projecteurs s’éteignaient,le rideau ce baissait sur ce « week-end sauvage ».
Résultat des courses; 11OF pour voir ça, ça fait mal! Ce qui restait du public se préparait au retour…..amer. Les autres se réveillaient…. et la pluie tombait toujours. Putain de pays, va! En plus ça vous file le cafard…. un temps de chien pour un week-end à la campagne.
Il parait qu’ils veulent remettre ça l’année prochaine…..au secours!

Le Dékapsuleur n°5 (Août 1985)

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